Sommité de rédaction : Georges DIDIER.

Le détail commence petit et finit tard.

Revue fondue le 03/05/1998.

Petite REVUE de détails

58, rue Volant, 92000 NANTERRE

Tél/ Fax/ Rép : 01 47 21 01 37 - 06 07 06 18 10

Ont collaboré à ce numéro : Georges DIDIER (Dg), Christian BOURRIER avec François ABELA (Bc+Af), Mélanie Virtuelle (MV), Frédéric VIGNALE (Vf).

Courrier : didierg@wanadoo.fr

Publication sexuée : toute reproduction même partielle ou distribution des textes et illustrations, par quelque procédé ou voie que ce soit, est interdite sans accord préalable.

Textes sur : http://www.espace2001.com

CHEMINS (à préférer à "liens" comme on peut lire sur les pages Internet)

ENQUÊTE

Si je vous fais réfléchier, merci de me le faire savoir.

DE LA SEDUCTION

Quiconque n'aura jamais aidé la soignante n'aura jamais de la séduction qu'une image incomplète.

AVIS REPUBLICAIN

Je suis de l'avis des minorités qui voient des majorités partout.

SANS MANIERE

Je vous écoute sans vous lire

Je vous goûte sans vous vomir

Je vous sens sans en jouir

Je vous aime sans le penser

Je vous respecte sans y être obligé

Je me saigne sans vous remplir

METRO - PUB

l'enfant squelettique portant son frère mort sur son dos douloureux marche dans un désert de plusieurs centaines de milliers de personnes vers un horizon sableux et vide rempli d'une forêt de regards fuyants

quel abîme

cette fin de soi en satiété d'hommes et de femmes qui se donnent des cœurs sans concession

nul ne devrait avoir le permis de port d'âme dans ces conditions

on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas mais on pourra dire que nous étions encore à venir

UNE GRANDE FAMILLE

 

 

Jadis, l'homme demandait pardon aux animaux qu'il tuait. Un bel esprit de famille l'habitait.

Bc+Af # QUELQUE CHOSE A PARTIR DE RIEN

Il est impossible d'écrire quelque chose lorsqu'on ne ressent rien, comme il est impossible de décrire quelque chose qu'on ne connaît pas; surtout si ce quelque chose n'existe pas … Pour qu'il y ait description de quelque chose, il faut avoir une idée de ce que peut être ce quelque chose. On peut imaginer ce que quelque chose veut dire, en partant du fait que ce ne peut être que le contraire de rien. Pourtant, ne rien percevoir, c'est déjà ressentir quelque chose, puisque c'est s'apercevoir qu'on ne ressent rien. En d'autres termes, il est impossible de ne pas s'apercevoir qu'on ne ressent rien car, au moment où l'on s'en aperçoit, il est déjà trop tard pour affirmer qu'on ne s'en est pas aperçu. Par conséquent, la non perception équivaut à un état critique et paradoxal qui trahit en fait la perception de cette non perception ! Il y aurait donc toujours quelque chose dans le vide de la conscience, quelque chose enfermée dans le vide et qui chercherait à s'en échapper. Et même si, dans ce vide, il n'y avait rien, ce serait encore quelque chose, car on ne peut s'apercevoir qu'on ne ressent rien qu'en faisant la comparaison avec quelque chose.

En effet, si rien d'autre n'existait que rien, on ne pourrait jamais savoir si le rien est quelque chose ou n'est rien, ou si le quelque chose n'est rien ou quelque chose. Pour savoir que rien n'est réellement rien, il faut donc connaître quelque chose ou, du moins, autre chose que rien. Or, tout être d'expérience étant sensé avoir déjà connaissance de quelque chose, il est impossible qu'il ne puisse s'apercevoir qu'il ne ressent rien d'autre que rien. Il se trouve alors dans l'obligation de plonger dans les méandres de son vide mental afin de refaire surface ailleurs, au-dessus de son propre rien.

S'il s'aperçoit enfin qu'il ne s'est pas noyé dans cette substance, c'est que ce vide ne contenait vraiment rien et qu'il peut continuer à s'y baigner et à faire quelque chose à partir de rien.

[VERITES ABSURDES/ 2ème édition/ La Togette]

LE ROMAN DE LA VIE DE MONSIEUR EST AVANCE

Mais ma vie n’est pas un roman. J’ai en moi un ciel étoilé, énigmatique, froid, lointain, obscur, et profond. Je ne lâcherai jamais cette élévation qui ne mène à rien, qui m’obsède en ne me cédant rien. Rassurez-vous, tout c’est passé comme je le souhaitais … j’ai atteint mes pantoufles puis mon ordinateur puis mon lit. En outre, je suis conscient que tout ce qui m’est gêne n’est rien devant ce qui existerait sans cette gêne. Ceci pour saluer cordialement les lundis qui ne sont pas responsables de ce que je fais de mes fins de semaine. Pour ce qui est de la responsabilité, je dis que c’est un bien grand mot pour qualifier ce qui n’appartient qu’à la mécanique. Quand je vois ces gens assis les uns à corriger un xième schéma directeur, les autres à lire l’histoire de quelqu’un qui murmurait à l’oreille des chevaux, je crois qu’il n’y a rien d’autre que ce qu’ils ne transformeront jamais de ce qu’ils pensent. J’ai un doute sur l’intelligibilité de cette phrase. Les mots ont besoin d’un décor et d’une intonation pour libérer un sens et les circonstances exigeraient plus de mots qu’ils n’ont le temps de se circonstancier. Je commence à être un homme âgé et je comprend mieux mes parents qui me comprennent mieux. Ma femme fait de bonnes tartes aux pommes et mon patron souhaite me virer. Je suis bien mais j'en veux au président d'être parti sans laisser de postérité. Je n'arrive pas à trouver quelqu'un qui prendrait plaisir à sortir les poubelles avant moi et avec qui se taire en regardant les trains passer. L’aventure humaine est un exemple de socialisation car elle est constamment ressentie comme un sinistre de la solidarité. L’écriture est un travail hautement intellectuel au regard de la musique. Car comment écrire ce qu’inspire la musique ? Je ne serai jamais quelqu’un d’autre et la forme de mon esprit est un carcan dont il ne sort qu’une habitude à penser les choses toujours d’une même façon. Non que cela ne pourrait être autrement mais être soi est déjà tellement difficile qu’être autrement serait y renoncer. Aujoudhui, j'ai perdu environ 320 neurones. Mais ce n’est pas grave, ceux-là ne me servaient à rien, enfin je crois … Moi qui ne me "gauss" pas de probabilité, je devrais en prendre de la graine. Suivons donc les sillons des socs de charrues pour voir émerger ce qui pourrait être replanté ailleurs ! Le matin, nous trouvâmes la mare prise par la glace. Il faisait froid et il fallu retrouver pour les enfants les moufles, les cagoules et les bonnets rangés nous ne savions où. Et ce fut un plaisir pour tous que de sortir emmitoufler affronter la froidure. Nous ne sortîmes que pour visiter le froid et nous ne parlâmes que de lui. On m'a fait savoir que ma présence devançait mon essence comme si je devais, ma vie durant, n'être que pour exister ! Elle est bien bonne celle-là ! Bien sûr, comme tout le monde, j'ai un sexe et un patron. Ils étaient angoissés par les incertitudes de leur avenir puis ils ont été angoissés par la certitude de n’en avoir aucun. Pourtant je regarde avec lassitude ce nouveau jour de pluie (pourquoi es-tu las ? devrais-tu aimer la pluie ? qu’est-ce qui t’empêche de l’aimer à nouveau ?). J'ai toujours beaucoup de peine à regarder vivre les animaux. Je veux dire que leur vie ne me semble faite que de peurs, d'inquiétudes, de peurs et d'inquiétudes, d'entêtements immuables et de règles intangibles. La vie sauvage, symbole de liberté, ne vaut que par le fait d'en être sorti pour l'observer. Du bon saucisson, du pain croustillant, des cornichons, du bon beurre et un verre de rouge ... Sur la table du jardin, le vent feuillette un magazine et les fourmis s'occupent des miettes. La sieste. Z'êtes d'accord ? La vie est tout au début puis rien à la fin ; c'est une farce qui avouerait finalement qu’elle n’est qu’une farce. Je vais réfléchir à tout ça très sérieusement ... J'ai appelé mon fils pierre comme une pierre dans un champ de pierre, puisqu'il ne pouvait se prénommer d'un numéro, dans l'impossibilité de proposer "cailloux", j'ai dis pierre qui roule et qui fera le reste (ne me remercie pas mon fils, ton père qui t'aime). La tolérance est un apaisant calcul sur une mort espérée. Je cherche une jeune femme qui a de beaux seins et qui aime qu'on les lui touche. C'est pour un mariage. Ceci est un autre test. J'ai connu une amie qui s'amusait à me prendre par derrière pour essayer de me faire pressentir et de se représenter elle-même, ce qui pourrait résulter d'une inversion des genres. Toute sa vie on cherche un ventre mais l'univers se distend et se refroidit. Il faut dépasser l'horreur de ce qui nous ai montré par l'horreur de se voir en train de la faire. En cherchant bien, elle est bien en nous mais la plupart du temps nous n'avons pas besoin d'elle, de cette bêtise ordinaire dans tous ces états que l'intelligence de la paix nous fait passer pour monstrueuse. J'ai fais vœux de modestie. C'est bien le moins que l'on puisse se donner pour n'avoir aucun regret. L'inconscient avec un zeste de hasard fait le destin. Le beau mois de novembre c’est beaujolais et vignette. Je n'ai jamais été aussi peuplé qu’en ma solitude. Je ressentais, je devisais, j'accordais avec la terre entière. Telle une chambre d'échos, je cherchais des réponses et des êtres bavards qu'il me fallait créer. Le temps de chercher le nom d'une fleur, d'enrager un rouge-gorge à s'écouter lui-même, je ne me le suis plus donné et j'en parle dépassé par le menu des jours que je désirais tant. L'espoir fait vivre, les poires vont suivre. La vieillesse est mon cadeau d'avenir ; je ne veux pas mourir inquiet. Bonsoir à tous : une ptite branlette, une mandarine, une gorgée d'eau gazeuse et au dodo. On va nous mourir un jour, déjà qu'on nous nourri tous les jours; manquerait plus qu'ils nous oublient. Le destin, c'est de l'inconscient avec un zeste de hasard. Sur quel mur de la capitale veux-tu peindre mon visage éclairant ? Métro, boulot, dodo. Dodo c'est pour dormir. Boulot c'est pour manger. Métro ? ben vas y à pince ! Vous avez une autre solution ? Ceci est un test. Les vatenguerres reviennent, quand ils reviennent, avec des cauchemars et des chaudes pisses, les malgrénous aussi. La reconnaissance officielle d'unions diverses et variées vaut mariage sans qu'il en soit question ce qui permet d'éviter les réticences de ceux qui ont la forme sans en toucher le fond. Je vais rentrer dans mon trou méditer cet échec et vous délivrer de ma présence qui me valait tant de votre haine ou de votre indifférence. En plus, je n'ai aimé personne ici sauf ceux qui m'ont aimé ... Je reste cependant joignable dès fois que quelqu'un aurait honte de m'avoir ignoré ... L'avenir est une longue laisse sans maître. Bout dur, image du matin. "Laissez-moi me taire cher ami !" Trou mou pour bout dur et dur dur jusqu'au bout. Je vous propose de me faire savoir ce que vous écrirez sur mon livre d'or pour que je puisse vous proposer, dès maintenant, mes corrections. Certes à trop vouloir comprendre, on finit par se commettre ... Mais à trop vouloir simplifier, on finit par omettre. Ce qui est autrement plus grave, c'est l'inconsistance de ceux qui prétendent ou feignent de s'y opposer. Le piège est là de voir une communauté se faire régulièrement vomir son hypocrisie et son manque de courage politique. Les thèses diverses et variées de l'extrême droite couvent en droite et rampent sous la gauche ... en remplissant les vides. J'accuse donc ceux qui laissent des vides ! Par calcul ou faiblesse d'esprit. Merci de votre attention. J'écrivais, il y a peu, que tu me manquais et c'était peu dire. Pourtant, et je suis bien d'accord avec toi, ton humour douteux et ta fougue de fausse délurée vraiment inculte n'auraient pas du me conduire à ce genre de déclaration. Mais alors de quoi s'agit-il ? J'estime, mais mon sentiment reste encore confus, que ce qu'il me manque de toi c'est ce que tu ne m'as pas encore montré. J'attendrais donc ton retour sans impatience comme un drame inéluctable. Les fonctionnaires travaillent tout haut ce que le privé espère tout bas. De la vallée, je regarde la cime sans rougir. Car la montagne, elle, ne pourra jamais s'abaisser jusqu'à moi. Sans véritable fumée, je doute du feu. Ces espaces infinis et opaques qui nous entourent ne me font pas rires. D'ailleurs, je n'ai jamais vu quelqu'un plaisanter à ce sujet. On dit pas mort aux cons mais à la connerie (c'est plus prudent !). Ma mission est de mobiliser les énergies et de développer les synergies au profit d’un objectif à vous partager qui est la satisfaction totale du Client. Je fume, j'avale, je songe, je ronge, je plonge, je refais, je suis fatigué de mes journées. Le devoir de défendre la liberté de penser n'est pas une sinécure, la moyenne s'entendant pour exclure ses à-côtés par tous les moyens que lui donne sa capacité de faire la loi. Mon âge ne traduirait pas ma lassitude d'avoir tout prévu et rien connu. La médiocrité du débat politique tient au carriérisme des uns et au besoin de prêt à penser des autres. Le résultat est globalement un manque de rendement dans l'organisation sociale. Je préfère de loin quelqu'un qui n'a pas d'avis tant il cherche à en avoir que quelqu'un qui donne le sien sans en garantir la moindre traçabilité. Bref, ne faite pas de politique si vous ne vous sentez pas en droit de vous citer ! Merci de votre attention. Pourquoi faut-il boire de l'eau minérale naturelle gazeuse d'Auvergne ? Ce n'est certes pas parce que les auvergnats sont plus sympathiques que les autres, loin s'en faut, mais parce leurs eaux contiennent moins de 0 mg/l de nitrate et que les oligo-éléments y sont biodisponibles. Lis et rature l'écrit vain. N'aime rien que tu n'as pas redis comme de toi et c'est toi l'écrit tien. Déjà vu, déjà fait, déjà dit, déjà l'heure ? Il a le sang chaud et l’autre perd son sang froid. C’est la pure intelligence qui laisse le zen sur place. Va falloir apprendre à me penser sans me vomir ni m'imiter. Je choisi mes combats comme mes endives dans une épicerie fine. Coule lisse le long du manche avalé. Nous ne disons rien de ce que les autres devraient penser tout bas. Il faut aimer ses constituants organiques, aimer son destin et les fleurs et les arbres et les pierres. Apprécier ce que l'on a, même si c'est peu, se donner des chances et en donner aux autres. Il faut se mettre tout entier en soi mais ne pas garder tout pour soi (d'après MV; "Il faut du vrai").

La journée va passer vite à ne rien faire et il nous faudra bien des jours pour nous ressaisir sous la forme d'une activité ressemblant au travail, un travail qui ne sera pas la plus mauvaise façon de gagner sa vie …

MV # LES MOTS DU JOUR

Extraits de

Du bout du doigt je dessine, un trait sur ses lèvres

Miroir ô miroir, chut … ne me dit rien ("Miroir ô miroir").

Les quatres cavaliers [revu par Dg]

Ils sont entrés sans frapper

Il sont entrés en frappant

Ils avaient le regard

Les yeux roulants

Rédige-moi un rapport trois couleurs

Laisse-moi la copie rose

Celle qui donne à mes yeux

Un reflet d’acier

Devine-moi à travers tes mots

Et si on dançait

Tu me demandes quelle musique …

Et si on dansait sur le bruit de fond qui reste à dormir au fond de l'oreille, après une vie passée dans la folie des ondes. Quelques pas suffiront à m'étourdir encore un peu, et je serai encore indécente.

Quand je suis seule avec moi-même, l'oreille enfoncée dans l'oreiller, perdue au milieu de l'hémisphère endormie, j'ai toujours des pensées qui ressemblent à des cafards, je me déplais à croire que je leur fournis la nourriture. A quel point cette liberté débridée de l'esprit, n'est pas en fait sa limite ? J'ai l'impression que si j'écrivais tout ce qui se passe dans ma tête je me viderais de mon essence, comme si les choses cachées étaient des enceintes protégeant ce que je suis, des mères porteuses.

Et si on dansait sur des airs qui traînent au fond de la mémoire ?

Tu entend ?

Un vieux Simple Mind … new gold dream.

Je laisse mes neurones faire leur party de fin de journée en me disant qu'elles doivent faire leurs expériences. C'est consolant de sagesse et de bonne volonté.

La beauté du monde

L’odeur de la marée qui vient juste de quitter le rivage sous le cri des mouettes excitées.

Le vent chaud qui me décoiffe avec insolence.

Les grosses roches polies et glissantes qui réclament la politesse du pas.

Une flaque d’eau qui a refusé de partir avec sa maman, au fond, des petits poissons qui s'affolent de me voir le bout du reflet.

J'enlève mes sandales et trempe les orteils dans le ciel.

C'est beau à pleurer.

Derrière les étoiles

Les anciens pensaient que les étoiles étaient des trous dans la voûte céleste et derrière celle-ci, le ciel, cette demeure abritant Dieu et les anges.

Tout cela a bien changé, aujourd'hui on sait que les étoiles sont des machins comme le soleil, réunis en galaxies qui nous fuient, plus elles sont loin de nous et plus elles s'éloignent à grande vitesse. En fait, c'est l'espace qui se dilate. A une certaine distance, la vitesse atteinte par les galaxies approche la vitesse ultime de la lumière alors celle-ci ne nous parvient plus, et au delà de cette zone il n'y a pas d'espace et donc pas de temps.

Comme on peut voir, tout est devenu plus simple, les anciens avaient le don de se compliquer l'existence.

Derrière les étoiles

Y a le fond du monde

Repoussé à chaque seconde

Par l'espace qui y met les voiles

L'éternité a divorcé d'avec le temps

Et les enfants en déroute

Pleurent sur les jours d'antan,

Rêvant d'histoires où meurent les doutes

Le gars du train

L'autre jour y a un gars qui s'est couché sur un rail de chemin de fer

Les infos en ont fait mention

Il ont parlé du train, des ennuis de circulation

Moi, j'ai pensé à l'envers

A cette froideur plus glaciale que les rails

Qui habitait ce gars

A cette sensation étrange d'être las

E d'entendre le train pleurer pour toi

A cette douleur qui fait mourir

Au conducteur du train

Qui se sent comme l'arme du crime

A ces gens qui avaient de l'amour pour ce gars

Et qui n'ont pas vu les larmes du crime

Mauvaise herbe [extrait]

Je me sens comme une graine de quelque chose qui sert à rien, le genre de truc assez fou pour vouloir pousser dans une fissure, entre l’asphalte et le trottoir, se croyant dans un jardin.

Aujourd'hui [revu par Dg]

Imagine la terre qui se mettrait à tourner sur elle-même

comme une lune autour de la terre

La population mondiale se tasserait sur une ligne ceinturant le globe

entre sable sans nuit et glace sans jour

dans un perpétuel levé ou couché de soleil

Jour [extrait]

Une fois mon image admise comme pièce à conviction, je me dirige vers le machin à café, il a faim le pauvre, je lui donne ses quatre cuillerées de poudre et son eau, presse le bouton de service, ça fait des glouglous … it's alive ! Je porte encore les vêtements de la veille, j'ai dormi dedans, le tshirt commence à se défroisser sous l'odeur du café. Risquant tous les périls je sauve une tasse prisonnière du méchant robot laveur, je lui chuchote à l'anse sa nouvelle mission: "redonne-moi l'envie de rester" Elle me réchauffe les mains puis le cœur, quatre doses plus tard je commence à réfléchir "pourquoi t'as fait ça ?" Je retourne la délinquante tasse dans son humide cachot.

LE ROMAN DE LA VIE DE MONSIEUR EST AVANCE

Ces heures de fêtes programmées, préparées, annoncées qui vident les rues et remplissent les cœurs de joies dures à digérer donnent à la solitude un air de ne pas vouloir y toucher, la satisfaction cynique d'y avoir échappé et le réconfort d'être plus à plaindre qu'il ne le faudrait. Les mystères n'ont nul besoin de mauvaises caricatures. Le hasard a t-il une pérennité ? Le hasard est-il un nid douillet ? Votre mission chers artistes, si vous l'acceptez, c'est de mettre les larmes à l'œil sans lui donner de la vision. Sans l'annonce d'une vie meilleure, les religions n'auraient pas fait longs dieux. Croire qu'il y a aussi peu de choses à comprendre, c'est croire que croire n'est pas la fin de soi. On demande de ne pas être soumis à la tentation car il y a peu de foi en la résistance. Mais il n'y a pas de mal, il n'y a que du mal à penser. Le troisième millénaire sera athée ou ne sera pas (moi aussi je peux faire des malrauseries !). Je cherche une nana qui a de beaux seins et qui te parle souvent de moi. Tu parles légèrement de nos lourdeurs. Allez parler d’amour à un vagabond transi de froid et d’errance à un amoureux transi ! Allez, encore une petite dernière pour la route ? Prend la molle dans ta bouche et sens comme elle se gonfle et durcit; prend les lourdes dans les mains et sens comme elles remontent et limacent. Je suis un vrai gosse comme je les aime. Rare ici parce que bien présent ailleurs ! Je détruit toute trace de ce qui pourrait nuire à ma postérité. Pour l'heure, cette base de médiocrité sans laquelle nous ne serions fiers de nous-mêmes tient bon contre vent et progrès. S'ils n'étaient pas si ternes, nous ne brillerons pas autant, c'est leur faible albedo qui nous rend semblable à des astres dans la nuit. Un chasseur croyant avoir identifié un sanglier derrière un buisson a fait feu en fait sur un homme cherchant des champignons et l'a tué net. Je me félicite d'être ce que je suis et jubile de n'être pas tout ce que j'aurais pu être. "Je suis un obsédé sexuel. Mais il est inutile de me féliciter, j'ai également des défauts". J'aime bien la Bretagne Sud au mois d'août quand il fait chaud et que la préfecture interdit la consommation des coquillages ... J'en voudrais à mon propre clone d'avoir réussi sa ressemblance tant il aurait pu être autrement ! Je propose de remplacer le fameux "ok" par "dac" (contraction de "d'accord"), ok ? Ranges tes limites et laisse donc faire la nature ! Je propose de remplacer le célèbre "that's all" par le prometteur "c'est tout", dac ? Je vous informe que des personnalités politiques et médiatiques fréquentent régulièrement cette revue. Je ne saurais trop vous exhorter à soigner vos interventions. Monsieur Luminet, dans sa théorie des univers chiffonnés, donne à penser que ce que l'on identifie comme deux galaxies différentes pourrait être en fait un même et unique objet, lui-même et son image réfléchi à l'horizon du monde. Malgré ce que l'on peut imaginer de moi, je reste attentif aux petites choses qui m'entourent. Aujourdhui, mon attention a été retenue à deux reprises par ces observations :

1- le moucheron Forcipomya bat des ailes à la fréquence de 62760 fois par minute (soit 1046 fois par seconde),

2- tout comme cet homme qualifié de chilien qui a mis au point un système de filets métalliques et de gouttières pour récupérer l'eau des vents de brouillard soufflant dans le désert d'Atacama, l'insecte nommé ténébrion, lui dans le désert de Namib, soulève, tête baissée, son abdomen où se concentre l'eau qu'il fait couler jusqu'à sa bouche.

Quelle honte : demandez plus d'un franc le centimètre carré !!! Mauvais - genre humain !!! J'ai demandé à mon destin de ne rien me dire de ce qu'il sait sur moi ... Quand la musique reste en sourdine, quand il n'y a pas de courant d'air, le bourgeois savoure de larges tranches d'existence faites de son éloignement naturel aux peurs qui ne lui servent qu'à ranimer des soirées mondaines. Un rot tonitruant résonne dans la zone protégée. Chacun se retourne, stupéfait, pour identifier l'auteur de cette digestion d'expression indécente. Chacun se demande si son voisin, qui lui ressemble tant, pourrait être l'auteur de ce mauvais roman de la pose … Chacun indique que le rot est désormais dans le bruit et qu'il faut se méfier de ces meilleurs portraits. Il faut s'habituer à la rareté d'être aux autres ... Quand l'heure sera venue, l'envie de rester aux autres ne sera pas comme une dernière cigarette ... Ma Pine au Cul dans les fables de la fesse et dans les tables du gène ! Gland ? Un homme tel un sexe d'homme ? Connard ? Un homme tel un sexe de femme ? Misère humaine ! Le sens de l'humour peut-il aller dans tous les sens ? La liberté de penser n'y voit rien à redire mais la vie en difficulté ne mange pas de ce pain là. Souvent, l'humour n'est que de petite vertu. Ce qu'il y a de mauvais dans les bons sentiments, c'est qu'ils se suffisent à eux-mêmes.

 

Rêvons ensemble

Ne vous séparez pas de vos rêves

Assurez-vous qu'aucun rêve n'a été oublié sous un siège

Signalez-nous tout rêve abandonné

N'hésitez pas à nous faire rêver

Nous rêverons ensemble

Quand on promet la fin de tout

Avec force références et déductions

Toujours

On se conduit malgré soi

Au début de beaucoup d'autres choses

L'esprit large est du grand large

Triste des quais abandonnés, certes

Et ignorant les berges à venir

Mais avec une foi naturelle

En l'homme toujours traversant

On ne refait pas l'histoire

Et on tâtonne à l'avenir

Le présent n'est pas bon public

De ce que le passé a laissé passer

Qu'il suffise de rester dans le respect de la vie

Que l'intelligence nous donne en limite

La peur du lendemain est utile à le préparer

Et déjà nous y sommes

Oublieux de ce qui devait rester acquis

Méditant sur une évolution qui nous a dépassé

PROPOS D'OREILLER

Mais qui donc choisi l'heure des amours pour engager des négociations ?

LE BONHEUR TIENT A PEU DE CHOSE

Une marche dans le froid vif d'une nuit étoilée ne suffit pas

Encore faut-il que l'on vienne d'un chaud chez soi

Et que l'on puisse y retourner

FAUK JY AIE

L'homme recherche toutes les femmes dans une femme tandis que la femme recherche un homme parmi tous les hommes; l'un évite les trop longs moments passés ensemble tandis que l'autre redoute la séparation.

CHANGEMENT DE DIRECTION

J'embauche immédiatement une personne pour corriger mes notes de service et une autre pour me remplacer entièrement. Je fixe mon salaire à la moyenne des salaires. Je mange à la cantine avec le personnel de ménage. La machine à café est située dans mon bureau qui se trouve au rez de chaussée à droite de l'accueil.

PROCEDURE

On s'excuse valablement d'une erreur que si déjà on fait montre de ses corrections.

 

 

L'HONNEUR AU MENU DES SOTTES GENS

Le doigt symbolise un sexe d'homme qui encule une femme et sert à faire comprendre à un homme qu'il ne vaut pas mieux.

QU'IL NE SOIT PAS QUESTION DE BONHEUR ENTRE-NOUS

Laissons le bonheur à ses lendemains qui chantent en évitant les poncifs maladroits et commandons une demi-douzaine d'escargots en demandant au maître d'hôtel de nous proposer son meilleur vin. Le bonheur n'a qu'à attendre !

LA PAIX DES LACHES

Certaines certitudes nous séparent mais il ne faut pas y mettre trop de doutes pour n'avoir que la paix.

NE PANIQUEZ PAS/ SI VOUS AVEZ UNE CARTE BLEUE TOUT IRA BIEN

L'assistance à personne en danger est en danger de se voir être mise en demeure de se rembourser sur les sauvetages effectués. Et comme il est assez rare qu'une personne s'étant mise en danger le soit sans en être responsable, de confortables entrées d'argent sont attendues prochainement.

 

je suis né et je suis mort un peu près à la même date

j'ai essayé de ranger le monde au mieux de mes capacités

ça fait quand même plaisir de n'être rien

je m'embrume, me toxine et me machine

dans quelque temps je reviendrai

prendre de mes nouvelles

enfin on verra

TONNES DE PAPIERS

Cette faiblesse qui nous fait écrire vaut le labour laborieux mais guère plus quand on ne fait que le décrire. Il faut retrouver l'écrit rare qui seul survit au bavardage. Cette parole qu'on fixe au papier pour la bouche des autres et leurs oreilles en suspension. Je songe à la paix des arbres qui n'ont pas vocation à commercialiser tous nos battements de cœur. Je vous demande de cesser d'écrire ce que vous vous ennuyer à écrire et de trouver une autre activité que celle qui consiste à vivre de l'absorption de l'ennui de vos contemporains. Si vous ne deviez écrire que pour la postérité, la vivante, celle qui n'oblige pas à relire, vous seriez nettement moins prolixes … Je ne veux de vous que des testaments. Merci de votre attention.

SOCIALEMENT BON

Ce n'est pas que le mépris, le rejet ou l'indifférence catégoriel de l'autre soient forcément statistiquement toujours injustifiés mais c'est qu'ils ne masquent pas l'obligation que l'intelligence nous fait d'aimer, d'accueillir, de comprendre ou d'aider.

MOI MORT ? JAMAIS !

Quand mes enfants seront majeurs et vaccinés, ils auront besoin de chercher en eux des traces de moi.

Jadis les hommes vivaient avec nous mais ils nous donnaient trop la parole.

 

Vf # Frédéric Vignale nous donne à considérer les obscurs chemins de l'inspiration …

Le déclic ne s'est produit qu'après contemplation
De l'image figée par la photocomposition
Par une attitude discursive,

A distance de l'objet mais en le gardant en mémoire
De manière avide et scrupuleuse.

L'écriture dans sa phrase la plus enivrante
A jailli
nerveusement.

Frédéric Vignale
Collection Dix poèmes
"Je suis le confident des
choses sans importances . . ."
Nictalop prod-Novembre 1998

HABITUDE A PRENDRE

Il y a deux façon de voir la finitude

Pleurer à l'idée de quitter les êtres chers

Sourire à l'idée de leurs bonheurs promis

Pleurer à l'idée de l'idée qu'ils s'en feront

Mais je crois qu'on a pas le choix

Et il vaut mieux pleurer une bonne fois pour toute

Une fois par semaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DUR METIER

Certains passent leur temps à rechercher dans nos vies ce qui pourrait être encore gratuit.

RAPPEL A CEUX QUI TROUVENT LA VIE TROP COURTE

On ne vit pas qu'une fois, on vit tous les jours; à vous d'éviter les copies lassantes !

RAPPEL AU PATRONAT

Un patronat qui entreprend, c'est bien. Un patronat qui vient pleurnicher, se justifier, fustiger et exiger, c'est nul comme les guerres économiques qu'il ne cesse de perdre tout en vendant, sous le manteau, des agences pour l'emploi, en veux-tu, en voilà. Nous lui rappelons que le limogeage économique s'appelle la renationalisation.

MESSAGE D'APAISEMENT AUX FUTURS CLONES

Il ne faut rien craindre du génie génétique s'ils aiment leurs inventions comme eux-mêmes.

MESSAGE A MES LECTEURS

Ben alors ?

MASSAGE DE CHASTETE

Il y a dans la pruderie une malfaisante salissure de la pornographie.

MESSAGE A CEUX QUI SONT EN TRAIN DE CREVER

Toutes nos lignes sont occupées, veuillez renouveler votre appel ultérieurement.

MESSAGE A MES LECTEURS

On fait courir le bruit selon lequel j'aurais refusé l'invitation de Bernard PIVOT à participer à son émission littéraire. Je tiens à vous signaler simplement que je n'ai jamais été informé d'une telle démarche de sa part me concernant. Merci de votre attention. Vous pouvez compter sur le n° 5 de la PRD.

 

REFLEXION UTILE

Les propos sur l'inutilité de telle ou telle chose, dont on ne sait d'ailleurs rarement à quoi elle s'applique, sont suffisamment tueurs de choses pour que l'on s'y arrête.

Mais qu'est-ce qui est utile dans toutes les activités que l'on mène et tous les objets que l'on fabrique à une existence simplement riche ?

Nous sommes dans une phase d'évolution tout particulièrement orientée vers les activités annexes et superflues qui consomment du travail et font vivre des gens inutilement à eux-mêmes.

Le comble, c'est quand le superfétatoire se donne bonne conscience en trouvant plus inutile que lui-même et en le mettant moralement en concurrence avec ce qui vit difficilement ou ne fait que survivre.

Certes, on peut dire que cette évolution vers le superflux est inscrite dans notre tempérament et qu'il est utile de ne pas nous contrarier mais il faudrait aussi songer à voir la vie autrement, disons, en forçant le trait, avec des cubes en bois et des mandarines à la place de dangereux amoncellements d'objets en plastique et de dindes farcies.

En retrouvant le chemin de plaisirs plus fondamentaux, on devrait pouvoir inscrire l'évolution de l'humanité hors des croissances exponentielles qui ne nous conduiront qu'à trouver des solutions pour ne pas étouffer.

A seize ans, on réfléchi

Vers les quarante, on remet ça

Notre cerveau est tel un ordinateur

Dont le passé et le futur ne sont en lui

Qu'à sa mise sous tension

Le passé et le futur sont vus comme des partitions du présent

Dans un espace unique

Dans lequel s'effectuent des opérations de différentes natures

Nous lui avons donné en fait notre façon d'être dans le temps

Et il nous en donne en retour une compréhension schématique et délicieuse

No disk system

No word

No futur

Nobody

No world

Quelle satisfaction d'en finir enfin avec le temps

Qui n'est plus rien sans moi et vous qui m'habiter

C'est une bonne nouvelle car le temps était un problème grave

Tant il était admis qu'il nous enterrerait tous

Comme il a et en a enterré des légions

Et cette idée était franchement insupportable

Que de rater même une quelconque suite

De ce temps qui pensait se passer de nous

Désormais il n'est rien sans moi et ces jours sont comptés

Le temps n'est rien sans moi et j'avance tranquille

Avec mon passé et mon futur

Seul avec mon temps

 

J'ai vu sur un visage le chagrin d'amour

Et le printemps n'était pas loin

L'être était en suspension dans la foule

Les yeux humides était au ciel

Tel un couvercle fermant toute chose

A quelle est bonne ma retraite

Avec son grand angle et ses albums photos

 

 

En fait tout se résume à pas grand chose

L'un va mettre de l'argent dans l'achat d'un livre

L'autre va acheter à crédit une belle voiture

Les hautes études commerciales et les facultés de lettres

Et il n'a rien d'autre qui cloche dans ce monde

Qui est une sorte d'indignité d'être au monde

N'achetez jamais rien à crédit ou à intérêts

Et créditez votre ennui de ce qui reste sans cela

C'est pas facile, je sais, mais c'est très rentable

A long terme

 

De loin tout paraît petit

De près tout paraît grand

Et le milieu, où est-il ?

 

Ah ! La parité !

On me demande mon avis là-dessus …

On a raison mais suis-je assez vieux pour avoir pensé à tout ?

Tant qu'il existera des journaux féminins et des crèmes rajeunissantes

La parité restera de salut public

Aux grands fléaux, les grandes mesures !